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realisateurs: Guillaume Istace et Sacha Kremer ingénieur du son: Géry Frank producteur: Le crayon libre |
Musiques : Marco Bailey:sniff
Durée : 48 minutes |
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Sacha:
Voilà ce que représentaient à mes yeux la techno et avant ça, la New-beat. Une musique électronique où le feeling entre musiciens avait disparu, où ne restait en piste que la mégalomanie d'un super créateur boutonneux et baveux. Quelque chose manquait dans cette musique: la vie. Mais quelque chose m'attirait dans cette musique: la puissance et l'énergie. Je m'en suis rapproché petit à petit. Le début d'un voyage initiatique. Certaines parties de morceaux me devenaient audibles. Surtout en voiture, avec le clip-video tout autour... Puis, le premier pas. La première boîte et la première... Ha, ha... montée de plaisir sur ces rythmes saccadés. L'accord parfait entre cette musique et mon corps. Alors je suis sorti, J'ai rencontré des gens, J'ai vu des choses, mais surtout, j'ai senti. Et, quelque part, à des moments plus précis, j'ai plongé... Je me tenais toujours plus ou moins à distance, évitant le schéma classique de la semaine survie et du week-end bonheur. Mais l'immersion réelle a eu lieue et la sortie du bassin se fit deux ans plus tard. Puis la rencontre avec Guillaume, et l'envie de convertir cette période de ma vie, riche et dangereuse, en travail concret et constructeur: rendre compte de cette réalité dans sa complexité et en examiner les conséquences. Il s'agit de faire un documentaire objectif/subjectif, avec des points de vue et sans jugement. Un documentaire où l'objectivité d'un Guillaume, presque vierge de ces pratiques musicales, se marierait, affronterait, critiquerait la subjectivité d'un Sacha, quasi vieille prostituée de ce monde-là.
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Guillaume: La techno. Le mouvement musical qui porte ce nom ne m'a jamais vraiment interpelé. Comme je m'intèresse beaucoup aux musiques d'au jourd'hui, j'ai assisté à la naissance de ce mouvement. Mais le grondement de ses basses, la répétition obsessionnelle de ses rythme et le mode de vie de ses adeptes m'ont toujours un peu effrayé. Puis, un soir, j'ai regardé un reportage sur la plus grande fête techno qui existe, la Love Parade annuelle à Berlin. Un million de personnes s'étaient rassemblées dans les rues de Berlin pour l'occasion. Les visages semblaient emplis de bonheur. Les corps se déchainaient sur des rythmes basiques. La ville semblait être en plein délire. Qu'est-ce qui unissait tous ces gens ? Au nom de quoi étaient-ils tous là ? En 1969, à Woodstock, avait lieu le plus grand rassemblement jamais fait jusque là pour un concert. Les maîtres mots de cet événement étaient paix, amour et liberté et l'événement se posait en contre-point à la guerre du Vietnam. Dans la Love Parade, Je n'ai vu aucune cause, aucun idéal. On aurait dit qu'elle ne voulait se donner aucun sens, ni politique, ni philosophique. Par la même, elle semblait les contenir tous. J'ai vu, dans ce rassemblement, une réaction épidermique à l'individualisme ambiant. De quoi est faite la vie d'un adepte de techno ? Sortir en club, dormir, déprimer durant la semaine et ressortir le week-end d'après. rythmes obsédants, messages vides et intensité du bonheur le temps d'un week-end... J'ai l'impression que la techno est le miroir de ce que ressentent beaucoup d'entre-nous. C'est parce que ce mouvement m'effraye que je veux l'approcher. la réalisation de ce documentaire avec Sacha sera riche de nos deux points de vue. Sacha a vécu ce mouvement de l'intérieur. Notre collaboration est un bon point de départ pour l'approcher dans sa complexité. |
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